jeudi 1 avril 2010

Le Joueur par Stéphane Miquel et Loïc Godart


NEWS

À partir du 22 janvier prochain, le réseau Fnac mettra en avant une sélection de BD dans le cadre du "Parcours BD".
44 coups de cœur des libraires Fnac seront mis en avant dans les rayons BD Fnac, ainsi que sur Fnac.com.
Et parmi eux... Le Joueur de Miquel et Godart.



A – Résumé du livre
Le Joueur est la confession directe d’un possédé à la voix haletante et familière. Le destin d’Alexeï Ivanovitch, consumé par deux passions égales, le jeu et l’amour d’une femme, révèle l’image d’une humanité pleine de désirs fous et d’aspirations incontrôlées, condamnée à l’éternelle nostalgie du bonheur ou à l’espérance du salut.
Dicté en vingt-sept jours à une sténographe, publié en 1866, la même année que Crime et Châtiment, ce roman tourmenté, qui reprend l’héritage du romantisme russe et ouvre sur les achèvements majeurs de Dostoïevski, offre un accès saisissant à l’univers du grand écrivain.

− Source : Site de Actes Sud

B – Présentation de la bande dessinée
Le récit s’organise en trois parties, encadrées par deux scènes qui bouclent le début et la fin.
Prologue à Roulettembourg
Première partie
« Faites vos jeux ! »
Chapitre I au chapitre IX : présentation des intrigues et des protagonistes.

Deuxième partie
« Les jeux sont faits, rien ne va plus ! »
Chapitre X au chapitre XVI : précipitation des événements, vertiges, départs, résolution des intrigues.

Troisième partie
Chapitre XVI et XVII
La chute d’Alexei Ivanovitch, perdu dans les affres du jeu.

Épilogue
Retour à Roulettembourg, pour une dernière scène qui est aussi la première.
« La roue tourne... »

96 pages couleurs
Format : 203 x 283 cm
Prix de vente : 17,95 €

Quelques planches...

Disponible sur :



C – Entretien avec les auteurs

Stéphane Miquel
Pourrais-tu nous parler de l’histoire en quelques mots ?
Parler de l’histoire ? Comme dans toute l’œuvre de Dostoïesvki, c’est plutôt l’histoire qui parle de nous… Ici, il s’agit de notre rapport à la passion et au désir. Difficile de résumer tout ça en quelques mots. Je peux juste évoquer la trame principale : c’est l’histoire d’Alexeï, un jeune type de basse extraction, comme on dit, qui est passionnément amoureux de Polina, une jeune femme d’une classe sociale supérieure, inaccessible. Passionnément, c’est-à-dire follement, violemment : déchirement intérieur, doute, jalousie… torture. Polina le méprise, l’humilie. Alexeï la veut, la désire. Un jour, elle lui demande de jouer pour elle, à la roulette du Casino de Roulettembourg – Roulettembourg, la bien-nommée, est une ville d’eaux allemande, imaginaire, où toute la famille de Polina est réunie (une famille excentrique, excessive, tourmentée, à la russe). Alexeï perd et gagne. Il joue, joue, rejoue et se prend au jeu… Jusqu’à ce que sa passion amoureuse s’éteigne, effacée par une passion plus irrépressible encore : celle du jeu. C’est une révolution, une dévoration et une dévastation : tout change, tout tourne, tout s’effondre, se reconstruit, s’effondre à nouveau… Leur vie devient un tourbillon, de casino en casino, à travers l’Europe et au bord du vide. Une vie qui tourne, dans un cercle définitivement vicieux.


Dans cette adaptation, qu’est-ce qui a été le plus intéressant à décortiquer : la construction, les personnages, leur évolution, leur lien ? Et que t’es-tu attaché à respecter ?
Le choix de l’adaptation est simple : rester le plus fidèle au livre, dans sa structure, ses décors, ses personnages et ses thèmes, tout en s’acharnant à rendre le découpage le plus visuel possible, inspiré autant de la bd que du cinéma. Dostoïevski est un ogre : il vous mange l’esprit (et, accessoirement, vous grignote l’âme). L’adapter aura été aussi jouissif que déstabilisant. J’espère au moins ne pas l’avoir complètement trahi…


Loïc Godart
Il y a dans les romans de Dostoïevski une intensité incisive qu’on retrouve dans ton trait. Était-ce souhaité, ou inconsciemment induit par le texte ?
Bon et bien tant mieux si on retrouve tout ça, parce qu’il n’y a pas tellement eu de calculs. Je me suis essentiellement concentré à servir le texte et le découpage de Stéph ; le dessin a été une transposition de cette matière première. Le récit est très fort et engendre des obligations, on ne fait pas ce qu’on veut avec un texte comme ça, c’est lui qui dicte sa loi.


Comment t’es-tu attaché à retranscrire, au dessin, la personnalité de chaque
personnage ? Lequel a été le plus intéressant à imaginer ?

Je ne pourrais pas dire lequel est le plus intéressant, ils le sont tous à leur manière. Ils ont leurs hauts, leurs bas, leurs moments de gloire et de total désœuvrement ; la difficulté c’est qu’ils ne rentrent dans aucun archétype… Ils sont tous embarqués dans une sorte de bal masqué tragique. De temps en temps, le masque tombe ou se fissure, on les découvre un peu, et puis le bal reprend. Ils ont quelque chose d’insaisissable tant l’histoire les fait passer par tous les états, je me suis contenté de les regarder vivre et de leur apporter un peu de sollicitude et de compassion, comme on soutiendrait un ami.